Le Conseil fédéral suisse prévoit de rationner les soins de santé dans le cadre de la réforme du système de santé. L’objectif immédiat du rationnement est de réduire les coûts. En tant que défenseur des patients, j’ajoute ma voix à une large coalition qui critique cette proposition comme étant mal orientée.

Le rationnement des soins de santé réduira-t-il les coûts financiers de la santé ?

Et comment le rationnement affectera-t-il les coûts en termes de souffrance humaine, s’il réduit la qualité des soins ?

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En Suisse, les soins de santé sont considérés comme excellents, mais ils sont également très coûteux. De plus, les contributions financières des patients sont élevées, ce qui rend le système régressif : les personnes défavorisées par la maladie ou à faible revenu supportent une charge de coûts relativement plus élevée que les personnes en bonne santé et aisées. (Les personnes aisées sont en soi en meilleure santé que les pauvres : en partie parce qu’elles ont les moyens d’acheter des aliments sains, de pratiquer des sports et de consulter des médecins dès l’apparition d’un problème de santé plutôt que d’attendre qu’il devienne plus grave.)

Le système de santé suisse est fortement commercialisé – il pousse même les hôpitaux pour enfants vers la recherche de profit – et fragmenté, la responsabilité de fournir des soins de santé étant largement déléguée aux cantons locaux, ce qui donne lieu à 26 systèmes de santé différents. Ces systèmes sont régis et organisés par diverses entités publiques et privées (Confédération, cantons, communes, assureurs maladie et prestataires de services), chacune assumant des tâches différentes. Par conséquent, le système de santé suisse est complexe et nécessite une administration coûteuse pour aider les patients et les médecins à naviguer dans le système.

Die wirksame Steuerung dieses komplexen Systems wird zudem durch die von Natur aus langsamen Entscheidungsprozesse des Schweizer politischen Systems sowie durch den unangemessenen Einfluss der Privatwirtschaft beeinträchtigt. So ziehen beispielsweise die Mitglieder der Kommissionen für soziale Sicherheit und Gesundheit in National- und Ständerat eine beeindruckende Liste von Lobbyisten an, die im Interesse der von ihnen vertretenen Privatwirtschaft arbeiten und nicht im Interesse der Öffentlichkeit, die die Kommissionsmitglieder eigentlich vertreten sollten. Viele Kommissionsmitglieder sind zudem in den Verwaltungsräten von Akteuren der Gesundheitsindustrie aktiv, was einen Interessenkonflikt mit ihrem parlamentarischen Mandat schafft.

Schließlich gibt es keine unabhängige Institution für öffentliche Gesundheit, wie etwa das Robert Koch-Institut in Deutschland. Das Bundesamt für Gesundheit (BAG) steht unter dem Druck, politischen Entscheidungsträgern zu dienen. Ein Beispiel: Der zuständige Arzt des BAG für Sars-CoV-2 erklärte zu Beginn der Pandemie, dass Masken unnötig seien und die Bevölkerung nicht schützen würden. Viele vermuteten, die wahre Erklärung sei, dass nicht einmal für das Krankenhauspersonal genügend Masken vorhanden waren, weil die Vorschriften zur Vorratshaltung nicht eingehalten worden waren. Was auch immer der Grund war, die Glaubwürdigkeit des BAG war beeinträchtigt.

Compte tenu de ces caractéristiques, je soutiendrai que malgré la passion et le dévouement de la plupart des professionnels de la santé, le système de santé suisse sert principalement les industries qui en bénéficient, et non les personnes pour lesquelles il devrait exister : le public et plus particulièrement, les patients.

Le système de santé suisse sert principalement les industries qui en bénéficient, et non les personnes pour lesquelles il devrait exister : le public et plus particulièrement, les patients.

Encadré informatif

Ein häufiges Argument gegen die Kritik am Schweizer Gesundheitssystem ist, dass das System exzellent und die Bevölkerung zufrieden sei. Die jüngste Bewertung (2024) durch den Commonwealth Fund stuft die Schweizer Gesundheitsversorgung insgesamt auf Platz 8. von 10 Ländern mit hohem Einkommen ein. Die Schweiz belegt den letzten Platz bei der administrativen Effizienz und den drittletzten Platz bei den Barrieren für den Zugang und die Erschwinglichkeit der Gesundheitsversorgung. Umfragen zur öffentlichen Zufriedenheit variieren stark und stimmen nicht immer mit Qualitätsmaßen überein; so genießt beispielsweise der National Health Service im Vereinigten Königreich trotz seiner aktuellen Finanzkrise hohes Ansehen in der Öffentlichkeit, wird aber in der Schweiz sehr kritisch gesehen, obwohl er vom Commonwealth Fund als drittbestes System bewertet wird. Im Schweizer Radio wird das britische System erklärt und mit dem der USA verglichen.

Im Jahr 2019 veröffentlichte die Regierung eine Gesundheitsstrategie namens Gesundheit2030, die viele der Probleme identifizierte, mit denen nicht nur die Schweiz, sondern Gesundheitssysteme weltweit konfrontiert sind: Digitalisierung, demografischer Wandel, die Zunahme nichtübertragbarer Krankheiten (NCDs) und steigende Gesundheitskosten.

L’une des mesures proposées par un groupe d’experts était une législation permettant au gouvernement de limiter la croissance des coûts de santé en utilisant des « objectifs de dépenses », c’est-à-dire des contraintes budgétaires sur les soins ambulatoires. Le résultat est essentiellement qu’un objectif est fixé pour le nombre de maladies pouvant être traitées au cours d’une période donnée, par exemple un an, en ambulatoire. Lorsque les dépenses atteignent la limite fixée au cours de cette année, soit les services doivent être réduits, soit des délais d’attente doivent être introduits, soit les patients doivent être transférés des soins ambulatoires vers les soins hospitaliers. Un système de restrictions budgétaires a été adopté dans d’autres pays, par exemple au Royaume-Uni et plus récemment en Allemagne.

Dieser Vorschlag stieß auf einhellige Kritik bei allen Gesundheitspartnern, einschließlich der Patienten, der Ärzteverbindung FMH, der Versicherer und der Branchenvertreter. Die Konsultation von Patientenorganisationen war nur oberflächlich, und Patienten verfügen nicht über die Ressourcen für Kampagnen, die anderen Akteuren zur Verfügung stehen. Hier präsentiere ich die Patientenperspektive zu diesen vorgeschlagenen Maßnahmen. Die Ansichten sind meine eigenen, wurden aber mit anderen Patienten und der Schweizerischen Patientenorganisation SPO diskutuert.

Ausgabenziele im Gesundheitswesen setzen voraus, dass Kosten kontrolliert und vorhergesagt werden können. Krankheiten oder Unfälle sind jedoch ihrer Natur nach unerwünschte und nicht planbare Ereignisse, wie die Covid-19-Pandemie deutlich gezeigt hat. Dementsprechend können Behandlungskosten nur dann genau vorhergesagt oder reguliert werden, wenn eine explizite Entscheidung getroffen wird, über ein festgelegtes Ziel hinaus nicht mehr zu behandeln. (Stefan Felder von der Universität Basel zeigt die Unmöglichkeit dieses Ansatzes und weitere Mängel auf, die ich hier nicht weiter erläutere.) Dennoch ist dies die Strategie: Die Regierung schlägt vor, eine Budgetbeschränkung für die medizinische ambulante Versorgung festzulegen.

Une telle stratégie ouvre des perspectives effrayantes pour les patients. Si un jour vous recevez le diagnostic de cancer, vous voudrez être traité immédiatement et ne pas attendre. 10 % des femmes dans le monde souffrent d’un cancer du sein à un moment donné de leur vie. Actuellement en Suisse, lorsqu’une femme est soupçonnée d’avoir un cancer du sein sur la base d’une mammographie, elle subira une biopsie et commencera le traitement dans les deux semaines suivant le diagnostic suspecté. Que se passera-t-il si elle obtient une mammographie suspecte en octobre, mais que le budget pour cette année est épuisé ? Devra-t-elle attendre jusqu’en janvier pour obtenir la biopsie ou la tumorectomie ambulatoire ou la radiothérapie ? Moi, qui ai personnellement bénéficié de soins rapides, je ne voudrais pas que d’autres femmes soient retardées en raison de contraintes budgétaires.

Les retards de traitement peuvent entraîner de moins bons résultats. Par analogie, en Suisse (et dans d’autres pays), la pandémie de COVID a conduit au report de nombreux traitements. Les pertes futures en années ou en qualité de vie sont inconnues. Les conséquences en termes de résultats moins bons restent à évaluer. Les dilemmes éthiques pour le personnel médical – devoir choisir quels patients prioriser – étaient énormes. Quel sera l’effet sur le moral du personnel médical lorsque de tels dilemmes seront intégrés au système, et non simplement le résultat d’une catastrophe mondiale ?

Outre les conséquences pour ceux qui ont besoin de soins de santé, il semble peu probable que cette mesure permette de réaliser des économies de coûts durables à long terme. Supposons que des contraintes budgétaires soient introduites, que les coûts médicaux atteignent le plafond de coûts et que le rationnement des soins entre en vigueur. Cela entraînera d’autres coûts de soins de santé. Dans le cas du cancer, il est bien établi que tout retard augmente le risque que le cancer se propage et ne puisse pas être guéri du tout, ou seulement à un coût plus élevé. En fait, cela sera vrai pour la plupart des autres maladies chroniques. Retarder ou reporter des soins appropriés peut ou non permettre d’économiser des coûts à court terme, mais il semble difficile de croire que cela ne réduira pas la qualité des soins et n’entraînera pas de moins bons résultats avec des coûts en termes de souffrance humaine.

Retarder ou reporter le traitement peut ou non permettre d’économiser des coûts à court terme, mais il semble difficile de croire que cela ne réduira pas la qualité des soins et n’entraînera pas de moins bons résultats avec des coûts élevés en termes de souffrance humaine.Die Verzögerung oder das Aufschieben einer Behandlung mag kurzfristig Kosten sparen oder auch nicht, aber es ist schwer vorstellbar, dass dies nicht die Qualität der Versorgung mindert und zu schlechteren Ergebnissen mit hohen Kosten in Form von menschlichem Leid führt.

Glücklicherweise war der Druck aller Beteiligten groß genug, um diese Initiative zu stoppen. Im Frühjahr 2025 wurde der zweite Teil der Strategie vom Schweizer Parlament verabschiedet. Es werden fünf regulatorische Kernmaßnahmen zur Preiskontrolle vorgeschlagen. Die Strategie der Regierung konzentriert sich auf die Arzneimittelpreise und übersieht viele andere Möglichkeiten, Kosten zu sparen und die Qualität der Versorgung zu verbessern. Die Kosteneinsparungspotenziale, die sich daraus ergeben, dass man den Patienten zuhört – worüber ich in diesem und anderen Blogs geschrieben habe –, sind enorm, wenn die richtigen Anreize und Strukturen geschaffen werden.

Enfin, les maladies chroniques non transmissibles comme la mienne constituent le plus grand facteur de coût dans le système de santé suisse, comme le reconnaît la stratégie Santé2030. Il semble probable que les malades chroniques seront les plus affectés par cette réforme, créant peut-être de nouvelles inégalités systémiques dans l’accès aux soins de santé.

Dans mes prochains blogs, j’examinerai comment les malades chroniques seront affectés par cette réforme, et comment les patients pourraient contribuer à un système de santé qui réduit les coûts sans entraîner de moins bons résultats de soins.

À suivre……

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